Jouer avec émotion

Jouer avec émotion à la flûte traversière

La vidéo

Aujourd’hui, je souhaitais aborder un sujet que je rencontre souvent avec mes élèves : jouer avec expression. Je suis sûre que vous avez déjà vécu cette situation : vous travaillez toute la semaine, vous donnez le meilleur de vous-même, vous avez même écrit vos respirations sur votre partition ! Vous jouez tout bien. Et à la fin, votre professeur dit : « Mouais, pas mal. Mais tu peux jouer avec plus d’expressions ? » 

Dans cet article, je vous présente 3 techniques pour jouer avec émotion. Que vous soyez débutant ou que vous souhaitiez donner plus de sens à vos morceaux, vous allez trouver des astuces pour révéler toute la richesse expressive de votre flûte. 

Technique n°1 : la respiration 

Ce n’est pas tant le fait de pratiquer la respiration abdominale qui va être le plus important, mais la gestion de l’air. Pour ceux qui souhaitent comprendre le fonctionnement de la respiration abdominale, vous pouvez consulter cet article que j’ai faite spécialement sur le sujet et dans lequel je donne des exercices concrets pour la mettre en place : la respiration à la flûte traversière.

La gestion de l’air

La gestion de l’air, en quoi ça consiste exactement ? C’est la capacité à moduler le débit de votre air pour produire un son précis sur votre flûte. Michel Debost le comparait à un peintre qui contrôle le pinceau pour créer différentes textures et nuances sur sa toile. Ici, l’air est votre pinceau. 

Si la gestion de votre air n’est pas au top, plusieurs problèmes vont apparaître comme un manque de contrôle du débit d’air. Le flux d’air va être trop irrégulier, entraînant une instabilité du son. Vous pouvez aussi avoir des difficultés à jouer les nuances. Si la gestion de votre air est négligée, vous risquez d’obtenir un son uniforme, plat et inexpressif. Vous pouvez également perdre de la cohérence dans votre phrasé : une bonne gestion de l’air est essentielle pour lier les phrases musicales de manière fluide. Mais, même avec une respiration abdominale correcte, une mauvaise gestion de l’air peut créer des coupures abruptes entre les phrases, rompant ainsi la continuité de l’interprétation. Et pour finir, un flux d’air mal contrôlé peut provoquer une fatigue et dégrader votre embouchure sur le long terme.

Alors que si vous contrôlez votre gestion d’air, vous pourrez jouer avec émotion vos morceaux, en ajustant l’attaque de la note, la manière dont elle est soutenue ou quand elle “disparait”. Un air bien géré va apporter une douceur mélancolique ou, au contraire, une intensité passionnée à une phrase musicale. 

Technique n°2 : les articulations

Le rôle des articulations est de clarifier le discours musical, de la même façon que nous lorsque nous parlons. Elles offrent ainsi la possibilité de varier l’expression musicale en utilisant différentes techniques. Là aussi, s’en priver va affecter votre discours. 

Vous pourrez manquer de précision rythmique car sans une belle articulation, vous pourrez jouer de manière irrégulière, ce qui va entraîner des erreurs dans le placement des notes. L’articulation joue un rôle clé dans la gestion des dynamiques, donc des nuances, sans elle, votre morceau sera plat, terne voire inexpressif. De même qu’un phrasé mal articulé peut aboutir à un discours abrupt, incohérent, affectant la fluidité de la ligne mélodique et perturbant l’interprétation générale.

Pour pallier à ça, je vous recommande de pratiquer au moins deux articulations essentielles : le legato et le staccato. Évidemment, il en existe plein d’autres, et là aussi, je vous renvoie vers un article entièrement dédiée aux articulations. Pour bien travailler les articulations, vous pouvez le faire via des études sympa à jouer (vous avez plein d’exemples sur la chaîne Youtube) ou encore mieux sur des gammes.

Technique n°3 : les nuances

Les nuances sont votre palette de couleurs. Ne pas jouer avec des nuances revient à voir en noir et blanc tout le temps. Cela revient à parler d’une voix monocorde. A la flûte comme pour tous les autres instruments, nous avons toute une palette de nuances à notre disposition : des mezzo, des piano, des forte, des crescendo, des dimunendis, des sforzandos, des mezzopiano et bien d’autres encore. Écoutez Syrinx de Debussy, et vous verrez ce qu’on peut faire avec notre flûte. 

Pour aller + loin : le vibrato

Pour aller plus loin encore dans votre travail d’interprétation et d’expression, vous pouvez ajouter du vibrato. Oui, le vibrato peut être difficile, mais si vous l’avez, ne vous en privez pas. Le vibrato ajoute une dimension supplémentaire à votre expression. Un beau vibrato va apporter de la chaleur, va enrichir le son, créant de la profondeur. Cette technique, lorsqu’elle est maîtrisée, transforme une simple note en une véritable nuance, capable d’exprimer la joie, la mélancolie ou l’intensité d’un moment particulier.

Si vous le souhaitez, regardez la vidéo « Jouer avec émotion ». J’ai placé des exercices faciles d’illustrations pour chacune des techniques. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire. Je serais ravie de vous aider !

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