Pourquoi travailler sa technique à la flûte traversière ? C’est une question qui revient très souvent de la part de mes élèves. Il est vrai que l’importance de peaufiner sa technique se pose régulièrement et très tôt dans l’apprentissage. Aujourd’hui, nous allons voir si ce travail technique est si important qu’il n’y parait ou si ce n’est qu’une simple exigence académique. Puis nous verrons comment travailler la technique, et les raisons de s’engager dans ce parcours sans y passer des heures.
La technique, qu’est-ce que c’est exactement ?
La technique, c’est tout ce qu’on va venir travailler pour bien jouer. Le travail de technique à la flûte traversière concerne l’embouchure, la production du son, le vibrato, le travail de la respiration, le travail de la posture, le travail de la langue pour les articulations. Et bien sûr, le travail des doigts pour jouer plus vite. Pour résumer, le travail de technique, c’est tout ce qui va nous faire progresser en dehors de nos morceaux.
Le travail des doigts à la flûte traversière va passer par des gammes, des cahiers d’exercices ou encore des études. C’est un travail essentiel et surtout très efficace. Mais, il faut le faire intelligemment 🙂
En tant que professeur, j’inclus toujours un travail de technique dans mes cours. Franchement je vois une différence entre mes élèves qui travaillent bien leurs exercices et ceux qui ne le font pas ou peu. Mes élèves qui travaillent la technique ont une meilleure maîtrise de leur instrument. Ils jouent à la fois de façon plus contrôlée et plus détendue.
Les bienfaits du travail technique
En travaillant votre technique, vous allez maîtriser vos doigts, apprendre à les contrôler. Vous allez jouer avec un plus joli son parce que vous allez travailler votre sonorité différemment. Vous allez avoir une meilleure posture, au niveau de vos doigts mais aussi de vos mains, de vos bras et de votre embouchure, une meilleure maîtrise des articulations aussi. Et cela va vous aider dans vos morceaux, au déchiffrage de vos nouveaux morceaux, car vous maîtriserez différentes techniques. Comme toute la musique est codifiée, vous allez enclencher des automatismes. C’est très puissant pour votre pratique !
La technique des doigts va bien sûr passer par un travail des gammes, majeures et mineures, notamment avec le mode mineur mélodique, un travail des arpèges sur toutes sortes d’accord là aussi avec des quinte, des septième. Un travail par intervalle également avec des gammes par tierces, par quarte, et le tout dans toutes les tonalités. Évidemment, il y a des paliers à respecter.
Le travail technique doit être progressif. Pour bien faire, vous devez mettre en place une routine car le travail technique se travaille pendant des années et des années.Le travail technique fait partie intégrante du musicien. Si vous voulez progresser sur le long terme, vous n’aurez pas le choix que de travailler votre technique à la flûte traversière.
Comment travailler sa technique à la flûte traversière ?
Il n’y a pas de secrets, pour travailler votre technique à la flûte traversière, vous devez travailler des gammes. Si vous les travaillez intelligemment, vous verrez que les gammes peuvent être agréables à travailler et à jouer. Surtout elles vont vous faire progresser sur plein d’aspect : en rythme, en vélocité, en contrôle des doigts et en sonorité. Jouer des gammes, c’est vraiment un travail complet.
Choisissez une gamme dans une tonalité, sur une octave si vous êtes débutant, sur 2 octaves si vous êtes de niveau intermédiaire et travaillez-la de plusieurs manières différentes, en changeant la vitesse ou en changeant les articulations. Vous pouvez choisir une articulation par semaine, deux si vous êtes à l’aise. Dans ce domaine, vous avez l’embarras du choix. Mais vous devez respecter votre niveau.
Pour créer votre programme technique, vous pouvez le faire en fonction de vos besoins. Par exemple, choisissez la tonalité de votre morceau pour vos gammes. Regardez les articulations employées, les intervalles et construisez votre programme autour de ces difficultés à maîtriser.
En plus des gammes, vous pouvez travailler des études. Des études, ce sont des petits morceaux qui vous font travailler à la fois la sonorité, la technique, le phrasé, les nuances, sur des aspects précis à chaque fois. Généralement, ce sont des études assez jolies qui font le lien entre le travail technique et le travail de répertoire, de morceaux. Des compositeurs comme Gariboldi ou Köhler sont d’ailleurs des références dans ce domaine. Vous pouvez d’ailleurs trouver sur la chaîne YouTube des interprétations que j’ai faites de quelques cahiers d’études.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, je propose un programme de six semaines pour les niveaux intermédiaires. Il comporte des exercices de son, des exercices techniques et l’apprentissage de deux études de Gariboldi : rejoindre le programme Flût’Estival.
Même si c’est un travail plus sérieux à effectuer dans votre pratique, n’oubliez pas de vous faire plaisir avec vos morceaux. Sachant que vous y prendrez plus plaisir en maîtrisant la technique demandée.