Summertime

Summertime pour flûte

« Summertime » est l’une des chansons les plus interprétées au monde, avec plusieurs milliers de reprises officielles répertoriées. Composée en 1934 par George Gershwin pour l’opéra Porgy and Bess, elle est rapidement devenue un incontournable du répertoire américain. Ce succès s’explique en partie par la souplesse de sa mélodie et de son harmonisation, qui se prêtent aussi bien à une interprétation classique qu’à des versions jazz, rock ou pop. Je suis d’ailleurs ravie de mettre un pierre à l’édifice et de vous présenter mon interprétation pour flûte traversière et piano.

Porgy And Bess

En 1935, George Gershwin présente pour la première fois Porgy and Bess, un opéra » inspiré du roman Porgy de DuBose Heyward. L’histoire se déroule dans le quartier fictif de Catfish Row, à Charleston, en Caroline du Sud. Gershwin y fusionne des éléments de musique classique avec des sonorités blues et des rythmes issus de la culture afro-américaine.

« Summertime » occupe une place particulière dans cet opéra. A l’origine, il s’agit d’une berceuse chantée pour calmer un nouveau-né. Cela explique sa mélodie simple et apaisante. Pourtant, derrière cette apparente douceur se cache une ambiance légèrement voilée de tristesse, reflétant les difficultés de la communauté afro-américaine de l’époque.

De l’opéra au standard du jazz

Dès la fin des années 1930, « Summertime » sort du cadre de l’opéra pour gagner les scènes de concert et de cabaret. Les musiciens de jazz s’emparent de la mélodie et l’adaptent à leurs propres styles : solos improvisés, tempos variés, accords enrichis… La chanson prend alors son envol comme un véritable standard, rejoignant le club des classiques du Great American Songbook. Parmi les versions les plus marquantes figure celle d’Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, extraite de leur album commun dédié à Porgy and Bess.

Au fil du temps, « Summertime » devient un passage obligé pour les chanteuses et chanteurs de jazz, qui y voient une occasion d’allier simplicité et virtuosité. Les instrumentistes — trompettistes, saxophonistes, pianistes — s’en servent également comme canevas pour des variations improvisées. Ce statut de standard lui confère une renommée durable, loin de se limiter à l’univers de l’opéra ou de la comédie musicale.

Summertime vers d’autres styles

Si « Summertime » a trouvé ses lettres de noblesse dans la sphère jazz, elle n’a pas hésité à franchir les frontières musicales pour s’inscrire dans le rock, la pop ou la soul. Cette plasticité en fait une œuvre susceptible de s’adapter aux époques et aux sensibilités de chaque interprète.

L’interprétation de Janis Joplin, présente sur l’album Cheap Thrills, illustre parfaitement ce renouvellement. Avec son timbre rauque et sa puissante expressivité, Joplin transforme la berceuse de Gershwin en un hymne rock-blues, où l’intensité des guitares et le chant déchirant créent un contraste fort avec la douceur originelle.

Dans la seconde moitié du XXe siècle et jusqu’à nos jours, « Summertime » n’a cessé d’être revisité par des musiciens de tous horizons : chanteurs pop, orchestres symphoniques, groupes de funk, etc. Certains se tournent vers des orchestrations minimalistes, d’autres vers des interprétations plus expérimentales, en intégrant des effets électroniques ou des rythmes puisés dans d’autres traditions culturelles. Ce foisonnement d’adaptations témoigne de la capacité de l’œuvre à résonner différemment selon les époques.

1. Le rythme : La partition comporte de nombreuses syncopes et contretemps, ainsi que des rythmes pointés qui demandent de la précision. N’hésitez pas à écrire les pulsations pour savoir où tombent les temps. Gardez un tempo stable, sans accélérer. Pour rappel, il s’agit d’une berceuse. Pour aller plus loin, consulter cet article : jouer en rythme.

2. Nuances et dynamiques : Un des attraits de ce morceau réside dans sa capacité à être très expressif. Jouez avec les nuances pour créer du relief. SI vous souhaitez savoir comment jouer les nuances, lisez cet article complémentaire : jouer les nuances à la flûte traversière.

3. Interprétation : Personnalisez l’interprétation. Que vous repreniez la version jazz, rock ou classique, n’hésitez pas à ajouter votre propre sensibilité. La structure harmonique de « Summertime » permet beaucoup de liberté : petites variations mélodiques, ornementations subtiles, inflexions plus modernes, etc. Pour jouer avec davantage d’expression, regardez cette vidéo : Jouer avec émotion à la flûte traversière.

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